CUZCO – El Inti Raymi

Non, non, ce n’est pas le drapeau de la communauté Gay sinon le drapeau Inca représentant, selon certaines interprétations, les couleurs diffusées par la lumière du soleil dans un prisme ou tout simplement les couleurs de l’arc en ciel.

 
JEUDI
Enfin je vais pouvoir découvrir Cuzco, la ville dont tout le monde me parle que ce soit étrangers ou péruviens, la ville des incas. J’ai vraiment hâte. Mon vol est à 5.45 du matin. Comme la dernière fois, il faut être 2 heures à l’avance à l’aéroport. Cette fois-ci, je comprends pourquoi. Ma dernièr
e expérience de vol national à Tumbes n’a rien à voir avec Cuzco. Cuzco est LA ville touristique du Pérou et par expérience, je me rends compte qu’il y a plus de monde dans l’aéroport à Lima à 4h du mat qu’à l’aéroport de Paris à la même heure !! L’avion est rempli et il vaut mieux être à l’avance à l’embarquement (surtout au Pérou où ils pratiquent volontiers le surbooking !). Du coup, petite nuit car lever à 3h du mat. Ca y est, je suis finalement dans l’avion prête à connaître Cuzco et sa vallée sacrée. Le vol dure à peine une heure et l’arrivée sur Cuzco est fantastique car l’avion vole près des chaînes de montagnes de la cordillère des Andes. On arrive à Cuzco. Premier chose à faire, récupérer mon sac. Plutôt comique car ils mettent en marche 2 tapis roulants…pas facile de garder les yeux sur 2 tapis pour voir où est son sac ! Direction en taxi à la Plaza de Armas. C’est toujours le point de départ de la découverte d’une ville au Pérou pour moi. En général, tout y est très près. Il est temps de trouver un hôtel. Les 3 premiers que je fais n’ont pas de chambre de libre et le dernier si. En même temps, j’ai pas vraiment beaucoup marché…dans le coin, ya un hôtel tous les 10 mètres et sans exagérer. 20 soles la nuit. Pas le moins cher mais j’ai une chambre avec 2 lits (y’avait plus de simple), à 1 minute de la Plaza de Armas et surtout eau chaude (super important !). Petit aparté : Un truc qui marque au Pérou ce sont les douches électriques…le pommeau de douche est relié à des fils électriques pour te donner la fameuse eau chaude ! Toujours est il que c’est un peu flippant surtout quand on nous a appris depuis tout petit qu’eau et électricité ne font pas bon ménage !! On m’a tellement dit de faire attention avec l’altitude et de ne pas en faire trop le premier jour que je décide d’aller prendre un petit déj dans un café. Jusqu’à présent, j’ai jamais eu de problème avec l’altitude mais je suis toujours allée dans les montagnes en bus donc il y a un temps d’acclimatation. Avec l’avion, on passe direct des quelques mètres au dessus de la mer de Lima aux quelques 3300m de Cuzco…Petit déj sur le balcon d’un des cafés qui domine la place. Le soleil est au rendez-vous, ça fait du bien de le voir et de le sentir (à Lima on n’a plus la chance de le voir souvent !). La Plaza de armas est toute tranquille mais à 10h commencent les défilés. Les défilés vont en fait durer toute la journée pour terminer à 2h du matin le vendredi. Tout Cuzco défile aujourd´hui : les institutions, les collèges, les entreprises, les pompiers…et même les petits villages autour du Cuzco. Pas étonnant que ça dure aussi longtemps. Chacun a son costume typique et tout le monde danse en rythme avec les fanfares qui les accompagnent. J’en profite un peu et comme ça va durer toute la journée, je me laisse tenter par un tour à cheval des ruines voisines. Difficile d’échapper aux vendeurs de tours…c’est limite s’ils te suivent pas pour aller aux chiottes !! Pour S/25, je pars vers Sacsayhuamán. Avant d’aller au « ranch », je dois d’abord acheter le Boleto turístico qui permet d’accéder à différents musées de Cuzco et surtout les différentes ruines de la Vallée Sacrée. C’est franchement pas donné S/70 le billet mais c’est S/35 pour étudiants. Je tente le coup pour le coup. J’ai une fausse carte (pas bien !!) que j’ai trafiquée avant de partir. En France, personne n’a été dupe quand j’ai montré mon superbe travail mais ici, c’est passé comme une lettre à la poste ! J’étais super fière de mon coup J. A moi maintenant toutes les réduc étudiantes !! On part finalement vers Sacsayhuamán. Je m’attends à partir avec au moins un cheval et le guide à cheval aussi…et bien non…le chico qui va me servir de guide pour aller de site en site est à pied. Un peu moins marrant et du coup, difficile de faire autre chose que de marcher au pas. En plus, j’ai hérité d’un mec qui cause pas et qui me donne du genre 10 minutes pour visiter les sites…au final, je l’ai bien fait attendre. Visite des 4 sites les plus proches de Cuzco : Qenko. Puca Pucara, Tumbomachay et pour finir Sacsayhuamán. (http://www.toursvirtuales.com/destinos/cusco2.asp) Après avoir conquis Cuzco, les espagnols pillèrent les richesses de la ville ainsi que des alentours. Ils voulurent détruire toute trace de l’ancienne civilisation. Ils n’y parvinrent qu’en partie, les fondations des édifices devaient être solidement implantées. Il suffit de voir la taille des pierres de Sacsayhuamán pour comprendre pourquoi! Le petit tour à cheval est terminé. Je redescends jusqu’à Cuzco à pied. La Plaza de Armas est toujours pleine de monde admirant les défilés. J’ai un petit creux et je me rends dans un petit resto pour prendre un petit sandwich, je tombe sur des Français avec qui je discute un peu. On décide de se donner rendez-vous plus tard pour prendre un pot. En attendant, je remonte un peu vers l’autre place jusqu’à côté de la Plaza de Armas. Les gens qui défilent empruntent cette petite rue et en fait, c’est la grosse chouille sur cette petite place. C’est le point de rassemblement de fin de défilé et comme d’hab dans les fiestas du Pérou, ça danse, ça mange et ça boit de la binouse ! Je fais un petit tour et me fais inviter à prendre un verre de bière avec quelques-uns. Devenant un peu lourds, je m’échappe prétextant que je devais déposer mon sac à l’hôtel. Ce qui finalement n’était pas une excuse car se balader dans une foule pareille (où la plupart ont commencé à picoler depuis bien tôt) avec 2 appareils photos dans son sac, c’est pas forcément très malin. Ils ont du mal à me laisser partir et je suis sauvée par un autre péruvien qui propose de me ramener. Juste en face de mon hôtel, il y a un resto « A la petite France », j’en profite pour faire découvrir à mon nouvel ami galettes et crêpes Françaises… enfin, c’est tenu par des Français mais ça vaut pas les bonnes galettes bretonnes (d’ailleurs, ça ressemblait pas à des galettes…). Après s’être rassasié un peu et surtout épongé la bière, on retourne à la Plaza des Armas. Là, je vois des jongleurs jouant avec du feu et une foule les entourant. C’était les mêmes rencontrés à Ayacucho durant la Semana Santa. Trop fort ! Je tchatte un peu avec eux et les quitte pour mon rdv avec les frenchies…qui au final m’ont posé un lapin. Ca me dérange pas plus que ça et je retourne sur l’autre place histoire de discuter avec les locaux. La soirée continue à boire, discuter dans la rue puis dans des bars et discothèques jusqu’au petit matin ! VENDREDI J’avais mis mon réveil pour me réveiller à 8h le vendredi mais couchée à 6.30, j’ai pas pu me lever et surtout pas entendu mon réveil ! Réveillée en sursaut à 11h, je suis dégoûtée car l’Inti Raymi a commencé à 10h à Sacsayhuamán. Je suis encore plus énervée car pas moyen de prendre une douche…il est trop tard et ya plus d’eau chaude ! Je me grouille car j’ai envie de voir au moins un bout du spectacle. Je cours presque jusqu’à la Plaza de Armas que je découvre en fait remplie avec le défilé des participants à la célébration. Ouf ! Ils ont du retard. Tout va bien, j’ai rien raté ! L’Inti Raymi en quechua signifie fête du soleil, elle symbolise la consécration éternelle de l’union du soleil et de ses fils, les êtres humains. C’était la fête la plus importante au temps des incas. Elle se célébrait durant le solstice d’hiver (le nouvel an solaire). Après la conquête espagnole, la cérémonie fut supprimée par l’église catholique. L’Inti Raymi a alors été oubliée jusqu’au milieu des années 40 où un groupe d’intellectuels et artistes cusqueños en faveur de la revalorisation de la culture andine au Pérou a décidé de récupérer l’Inti Raymi de l’histoire en le présentant comme un grand spectacle de type théâtral (c’était la petite minute de culture générale !) Le défilé de la Plaza terminé, il est temps de se diriger vers Sacsayhuamán où a lieu la cérémonie. Je chope un taxi. Toute la ville va forcément dans cette direction et on ne peut pas échapper aux bouchons. Le taxi me dépose un peu plus loin du site, je passe donc par la feria qui a lieu juste à côté du site de Sacsayhuamán. On trouve de tout : des jeux de fête foraine « à la péruvienne » (les manèges ou les jeux sont faits de bric et de brac), des plats de bouffe à S/1 et surtout des plats de bouffe. Je crois que les péruviens ne peuvent pas s’empêcher de faire la fête sans manger !! Des gradins ont été installés en face du site de Sacsayhuamán. Les places sont vendues à $80…c’est carissimo, super cher et c’est pour ça que la foule s’amasse sur la petite montagne derrière qui permet de voir le spectacle sans payer. J’arrive un peu tard et c’est bondé de monde. Je me fraye une place en montant les escaliers jusqu’à ce qu’on ne puisse même plus monter les marches tellement c’est bondé. Les gens sont fous, la nana juste derrière a emmené son bébé et l’allaite dans la foule…et le bébé a une fâcheuse manie d’ailleurs de me tirer les cheveux !! Je suis nase de ma courte nuit et poireauter me fatigue encore plus. Le show qui devait commencer à 10h commence finalement vers 14.30. Je tiens une demi-heure à regarder le spectacle et me dis que je vais essayer de me trouver une autre petite place sympa d’où je pourrais voir assise. Quelle ne fut pas mon erreur !! Je monte, je redescends, je remonte un peu, vois des bouts de spectacle…bref, j’ai passé plus de temps à chercher une place que je n’ai jamais trouvé qu’à regarder le spectacle !! Les gens jettent même des fruits ou ce genre de trucs pour nous dire de nous asseoir quand on est devant eux. Je comprends même pas pourquoi ils sont assis car d’où ils sont ils ne peuvent rien voir ! Le spectacle terminé, je discute avec quelques péruviens et redescends vers 17.30 vers Cuzco, le soleil commençant à se cacher, il fait pas chaud. Apparemment, tous les gens ont décidé de descendre à cette même heure. On dirait une manif se dirigeant vers Cuzco. Il fait nuit quand j’arrive dans le centre de Cuzco. Et Cuzco, la nuit, ça veut dire bonnet, gants, pull, doudoune : en gros, ça caille ! Ma soirée est courte, enfin, c’est l’impression que j’ai mais il est déjà 1h quand je me couche. Soirée tranquille dans tous les cas. A noter quand même que j’ai mangé des brochettes d’alpaca au dîner, plutôt bon ! SAMEDI Reposée, je décide d’aller à Chinchero un pueblo dans la Vallée Sacrée des Incas. S/1.5 pour faire une heure de trajet en bus, soit même pas 50 cts d’euros… Chinchero est vraiment tranquille (voire mort J car on n’est pas jour de marché) mais c’est super agréable après avoir subi la foule de Cuzco des derniers jours. Les maisons du centre sont d’origine Inca et tiennent encore debout, ce qui fait tout le charme du pueblo. Finalement, je fais le tour rapidement et décide d’aller jusqu’à Urubamba. Je m’assois sur le bord de la route patientant qu’un bus arrive. J’ai la chance de pas attendre longtemps. A Urubamba, je prends un autre petit bus pour aller à Tarabamba. C’est là que je dois descendre pour voir las fameuses Salinas de Maras. Si je l’avais pas lu dans le guide, je n’aurais jamais su. Tarabamba est vraiment un minuscule village. Après avoir demandé mon chemin, je prends la direction des Salinas. La grimpette commence, pas vraiment longue mais quand même J ! Comme je ne suis pas vraiment sûre d’où je vais atterrir, j’ai hâte de voir quelque chose. Et là, au détour d’un virage, le paysage est fascinant. Perchées à près de 4000m, ces petites cases blanches accrochées au flanc de la Cordillère des Andes suscite mon émerveillement. Ce sont près de 4000 bassins construits par les Incas et alimentés par une source d’eau salée (au lieu de l’eau de mer). Pour chaque parcelle de 4m2, peut être récolté 40 à 50 kg de sel en 2 semaines : ce qui représente un énorme travail pour peu d’argent…le sel n’étant clairement pas de l’or. J’avais pas mon guide perso mais j’ai tendu l’oreille quand un groupe de touristes Français et leur guide sont passés par là ! Ce paysage m’interpelle tellement que j’ai pris des tonnes de photos !! De l’autre côté des Salinas, plus en hauteur, je m’attendais à pouvoir retrouver un bus pour éviter de refaire le chemin en sens inverse mais malheureusement pour moi, les seuls bus qui sont là sont ceux de groupes organisés. Du coup, je refais le chemin en dans l’autre sens. Retour en bus depuis Urubamba jusqu’à Cuzco en 2h, j’en profite pour faire une petite sieste. De nouveau en ville, je suis repartie pour une soirée cusqueña : resto, bar, disco et salsa ! DIMANCHE Comme toujours après une chouille, réveil difficile. J’avais prévu depuis longtemps d’aller à Pisac. Ce matin, j’aurais facilement changé d’avis si ce n’était pour le fait que tous les musées de Cuzco sont fermés le dimanche. Prête à monter dans le bus à 11h, j’arrive à Pisac une heure plus tard. Pisac est réputé pour son marché dominical qui ramène la plupart des touristes pour faire des petites emplettes souvenirs. Après un mini tour au marché (on peut trouver les mêmes produits dans toutes les villes du Pérou, du coup, je sature un peu niveau marché), je décide d’aller aux ruines. J’attends que le colectivo (taxi moins cher qui emporte plusieurs personnes) se remplisse pour pouvoir partir. Des barcelonais montent et en route vers la forteresse Inca. Le site est plutôt impressionnant et imposant (désolée mais mon appareil numérique n’avait plus de batterie donc les photos viendront plus tard au développement des films comme au bon vieux temps !). C’est génial de pouvoir se balader dans des ruines, de grimper dessus, c’est parfois limite le labyrinthe…après un tour de près de 2 heures, je retrouve les espagnols pour retourner dans le village. Déjà 16h…un petit truc à manger : un Rocotto relleno, j’adore (en gros, pour expliquer, c’est un piment fourré de viande et légumes) et une chirimoya, un fruit péruvien qui paie pas de mine mais à goûter absolument si vous allez au Pérou. Un dernier tour du village et puis, on décide de rentrer…les bus sont pleins à craquer en arrivant sur Pisac. Donc, du coup, on se tape tout le trajet retour debout…bah, c’est rien qu’une heure faut se dire…L Le soulagement quand on arrive à Cuzco et qu’on peut enfin descendre pour se défouler les jambes ! Après un rapide tour à l’hôtel pour faire mon sac, je vais prendre un maté de coca avec un ami cusqueño sur la Plaza de Armas, balade dans Cuzco de nuit pour voir toute la ville illuminée depuis les miradors du côté du quartier de San Blas et dernier petit bar, « Le nomade », bar tenu par des frenchies, bien cosy et tranquille où on peut fumer des narguilés avec plusieurs choix de saveurs (pas de marihuana pour les curieux qui se poseraient la question !) et jouer à des jeux de société. Jamais vu autant de monde jouer (cartes, scrabble, uno, échec…) dans un bar ! Après une partie d’échec épuisante pour mon cerveau, il est temps de rentrer car il est déjà près de 2h du mat et je dois me lever à 5h pour prendre l’avion qui me ramènera vers la grise ville qu’est Lima !!

PS: Les Incas n’ont pas laissé d’écrit donc la plupart des noms de villes ou d’endroits s’écrivent de différentes facons!! Cuzco, Cusco, Qosqo…

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